Numérologie : calculer ses nombres, et savoir ce qu'ils valent
La numérologie associe des nombres à une date de naissance et à un nom, puis leur attribue des significations. Cette page explique comment se font les calculs, d'où ils viennent, et surtout ce qu'ils ne permettent pas de conclure.
La numérologie attribue une signification à des nombres calculés depuis la date de naissance et le nom. Ce n'est pas une science et elle ne prédit rien. Le calcul le plus courant est le chemin de vie, obtenu à partir de la seule date de naissance.
Calcul immédiat
Une grille de lecture, et rien de plus
La numérologie propose d'associer des nombres à des éléments d'état civil, puis de rattacher chaque nombre à une description. Elle ne relève pas de la démarche scientifique, aucune de ses affirmations n'a fait l'objet d'une validation expérimentale, et le dire d'emblée n'affaiblit pas le sujet, ça permet simplement de savoir ce qu'on manipule.
Ce qu'elle offre en revanche, c'est une grille imposée de l'extérieur. C'est son intérêt réel et il n'est pas mince. Se décrire soi même produit presque toujours la description que l'on souhaite, alors qu'une grille dont on ne choisit pas les catégories oblige à se confronter à des formulations qu'on n'aurait pas retenues.
Cette utilité disparaît dès que la grille devient trop souple. Une description assez vague pour convenir à tout le monde ne renseigne personne, et c'est le défaut principal de la plupart des lectures disponibles. La contre mesure tient en une question à poser devant chaque phrase lue. Est ce que l'inverse de cette phrase pourrait décrire quelqu'un d'autre.
D'où viennent ces calculs
La numérologie occidentale contemporaine s'est constituée à la fin du dix neuvième siècle et au début du vingtième, principalement aux États Unis, en reprenant des éléments de traditions plus anciennes sans continuité documentée avec elles. On lui prête souvent une origine pythagoricienne, ce qui est un raccourci commode.
L'école de Pythagore, au sixième siècle avant notre ère, accordait effectivement une importance particulière aux nombres et à leurs rapports. Aucun texte ne permet d'établir qu'elle pratiquait le calcul d'un nombre personnel à partir d'une date de naissance. Le lien tient à une correspondance de vocabulaire, pas à une transmission.
Cette généalogie incertaine ne disqualifie pas la pratique, elle situe simplement son ancienneté. Les méthodes employées aujourd'hui ont environ un siècle, ce qui reste suffisant pour qu'elles se soient stabilisées, et explique aussi pourquoi plusieurs variantes coexistent sans autorité pour trancher entre elles.
La table des lettres
Le second pilier des calculs consiste à convertir les lettres en chiffres. La table dite pythagoricienne attribue 1 à A, J et S, puis 2 à B, K et T, et ainsi de suite jusqu'à 9 pour I et R. Chaque lettre de l'alphabet reçoit un chiffre de 1 à 9 selon sa position, par tranches de neuf.
De cette conversion découlent plusieurs nombres. Le nombre d'expression s'obtient à partir du prénom et du nom complets, le nombre intime à partir des seules voyelles, le nombre de personnalité à partir des seules consonnes. Chacun est ensuite réduit selon la même règle que le chemin de vie.
Une difficulté propre au français mérite d'être signalée, et elle est presque toujours ignorée. Les accents, les traits d'union et les particules ne sont traités de façon uniforme par aucune école, et un nom composé peut donner deux résultats selon la convention retenue. Là encore, la constance importe davantage que le choix.
Le chemin de vie, le seul calcul qui ne demande que la date
Parmi tous les nombres de la discipline, le chemin de vie occupe une place à part parce qu'il ne dépend que de la date de naissance. Aucune convention d'écriture, aucun choix sur le nom d'usage, aucune ambiguïté sur les accents. Deux personnes qui appliquent la même méthode obtiennent le même résultat.
Il se calcule en réduisant séparément le jour, le mois et l'année, puis en additionnant les trois résultats et en réduisant une dernière fois. Les nombres 11, 22 et 33 échappent à la réduction, ce qui porte à douze le nombre de résultats possibles.
Cette exception a une conséquence que personne ne mentionne. Les douze chemins ne concernent pas des parts égales de la population. Six d'entre eux, le 1, le 3, le 5, le 7, le 8 et le 9, concernent chacun un peu plus de 11 % des naissances. Le 2 tombe à 4,60 %, le 4 à 8,07 %, le 6 à 10,26 %, précisément parce que 11, 22 et 33 leur retirent des dates.
Ces parts ont été mesurées sur les 22 280 dates de naissance du 1er janvier 1950 au 31 décembre 2010, chacune passée dans le moteur de calcul de ce site. Elles ne sont reprises d'aucun ouvrage, et le calcul se refait en quelques secondes pour qui veut vérifier.
Les autres nombres qu'on rencontre
L'année personnelle se calcule à partir du jour et du mois de naissance additionnés à l'année en cours. Elle change donc chaque année et décrit, selon la discipline, une position dans un cycle de neuf ans. C'est le seul calcul courant dont le résultat évolue avec le temps.
Les nombres dits karmiques, 13, 14, 16 et 19, désignent des sommes intermédiaires avant réduction. Une somme de 16 réduite à 7 est présentée dans certaines écoles comme un 7 particulier. Cette lecture n'est pas partagée par toutes les écoles, ce qui vaut d'être su avant de s'en inquiéter.
Enfin, les suites de chiffres identiques rencontrées sur une horloge relèvent d'un tout autre domaine, celui des heures dites miroir, sans rapport avec les calculs décrits ici. La confusion est fréquente parce que les mêmes sites traitent les deux sujets.
Ce que la numérologie ne permet pas
Elle ne prédit aucun événement. Aucun nombre calculé sur une date de naissance ne permet d'annoncer une rencontre, une réussite ou une difficulté, ni de leur assigner une échéance. Les pratiques qui le proposent relèvent de la divination, qui est un autre métier avec un autre cadre.
Elle ne dit rien du corps ni de ce qui le concerne. Le point mérite d'être appuyé, parce que certaines traditions associent des nombres à des organes et qu'aucun élément ne permet de suivre ces associations. Une question de cet ordre se pose à un professionnel qualifié, pas à un calcul.
Elle ne constitue pas non plus un conseil professionnel ou patrimonial. Une description d'orientation peut aider à formuler une question, elle ne remplace ni un bilan de compétences ni l'avis d'un professionnel qualifié.
Ce qu'elle peut faire, en revanche, est utile et suffit à justifier qu'on s'y intéresse. Elle fournit un vocabulaire pour nommer des fonctionnements qu'on avait remarqués sans savoir les dire, et une occasion de se décrire autrement qu'avec les mots qu'on emploie d'habitude.
Pourquoi les résultats divergent d'un site à l'autre
C'est la question la plus fréquemment posée par les personnes qui découvrent le sujet, et la réponse est décevante au bon sens du terme. Plusieurs méthodes de calcul coexistent, aucune n'a de titre à s'imposer, et elles donnent parfois des résultats différents sur la même date.
Pour le chemin de vie, deux écoles s'affrontent. L'une réduit séparément le jour, le mois et l'année avant d'additionner. L'autre additionne d'abord tous les chiffres, puis réduit le total. Les deux coïncident sur la majorité des dates et divergent sur une minorité, ce qui suffit à faire douter la personne concernée.
S'ajoute la question des nombres maîtres. Certaines écoles les conservent, d'autres les réduisent, d'autres encore ne reconnaissent que 11 et 22 sans le 33. Une même date peut donc donner 11 ici et 2 ailleurs sans qu'il y ait d'erreur au sens strict.
La seule règle utile est celle de la constance. Un nombre qui change parce qu'on a changé de site ne décrit plus rien, et se promener d'un calculateur à l'autre jusqu'à trouver le résultat qui plaît vide la démarche de son intérêt. Ce qui est employé ici est figé, documenté, et le détail du calcul est affiché sous chaque résultat.
Ce que le calcul demande, et ce qu'il n'exige pas
Le chemin de vie ne demande que la date de naissance. Ni l'heure, ni le lieu, ni le nom. C'est le calcul le plus accessible de la discipline, et c'est aussi pourquoi il concentre la quasi totalité des recherches.
Les calculs qui portent sur le nom exigent en revanche une décision préalable, dont personne ne parle. Faut il prendre le nom de naissance ou le nom d'usage, tous les prénoms ou le prénom usuel, le nom composé entier ou sa première partie. Chaque école tranche différemment et aucune ne le signale clairement.
Une conséquence vaut d'être connue avant de commencer. Un thème complet fondé sur le nom repose donc sur des conventions choisies par celui qui le produit, alors qu'un chemin de vie repose sur une date que personne ne discute. Ce n'est pas une raison d'écarter les premiers, c'est une raison de savoir lequel des deux on lit.
Lire un résultat sans se raconter d'histoires
Le principal risque n'est pas de croire à la numérologie, il est de se reconnaître dans n'importe quoi. Une description formulée en termes assez généraux emporte l'adhésion de la quasi totalité des lecteurs, quel que soit le nombre auquel on l'attribue, et ce mécanisme est bien documenté depuis les années cinquante.
Trois réflexes limitent l'effet. Vérifier qu'une description exclut quelque chose, c'est à dire qu'elle dit aussi ce que le nombre n'est pas. Vérifier qu'elle ne conviendrait pas également au nombre voisin. Et se demander si un proche, en la lisant, reconnaîtrait la personne décrite.
Une lecture qui survit à ces trois questions apporte quelque chose. Une lecture qui n'y survit pas apporte du réconfort, ce qui n'est pas illégitime, à condition de savoir lequel des deux on est en train de recevoir.
Aller au détail
La méthode complète du chemin de vie est détaillée pas à pas, avec la fréquence mesurée des douze nombres et une page par nombre.
Les nombres déjà détaillés, chemin de vie 1, chemin de vie 2 et chemin de vie 7. Les autres paraissent chaque semaine.
Le calculateur en haut de cette page ne transmet rien. La date saisie reste dans le navigateur, le calcul s'y fait, et aucune donnée n'est conservée.